Consternation face aux dégradations ET aux violences
Je suis consternée, comme beaucoup sans doute, après le 17 octobre.
Consternée de voir des bâtiments publics détruits, alors qu’ils abritent des instances démocratiques et sont le patrimoine, parfois historique, de toutes et tous.
Consternée de voir des boutiques pillées, alors qu’elles sont l’outil de travail de commerçant·es qui pour certain·es ne pourront que déclarer faillite.
Mais consternée surtout que les dégradations matérielles de quelques-uns prennent toute la place dans le débat public.
Consternée que l’on parle si peu des manifestant·es pacifiques qui ont défilé par centaines de milliers dans les rues du pays en portant des revendications légitimes sur les difficultés quotidiennes de millions de Français·es.
Consternée par les conditions déplorables d’apprentissage dans les établissements scolaires, de soins dans les hôpitaux, de logement dans des passoires/bouilloires thermiques, les fins de mois qui pour beaucoup commencent dès le début du mois, les inégalités qui s’accroissent de plus en plus… et qui sont autant de violences invisibles et silencieuses que subissent tant de citoyen·nes depuis trop longtemps.
Consternée que les citoyen·nes victimes de ces violences institutionnelles n’obtiennent pas l’attention et les réponses méritées.
Consternée par la politique de répression – et ses nombreux abus – mise en œuvre (depuis des années) en lieu et place d’une politique de maintien de la paix, ce qui n’a pas empêché un résultat catastrophique ce week-end.
Consternée également de constater une fois encore que parmi les vandales, il y a principalement des hommes, et que personne ne le relève… Comment notre société façonne-t-elle ses garçons pour que le coût de la virilité soit si élevé ? Pour rappel, l’historienne Lucile Peytavin a estimé le coût des comportements anti-sociaux masculins à 95 milliards d’euros par an en France.
Il n’y a pas de solution facile, notre pays traverse une crise durable où le chacun pour soi (ou pour les siens) et le profit passent trop souvent avant tout.
Mais je suis certaine d’une chose, c’est que l’écoute, le dialogue, l’ouverture d’esprit et le respect de l’autre et de notre environnement sont la base indispensable à l’élaboration des solutions.
Chloé Dellacherie